Communication vocale


Pour appuyer le "langage du corps", le furet possède un vaste répertoire de sons qui reflètent eux aussi son état émotionnel et peuvent être comparés à ce qu'on appelle le para-langage chez l'Homme. Certaines vocalisations ne viennent pas seulement renforcer les signaux visuels ou olfactifs mais peuvent, dans certains cas agir à elles seules comme des signaux et véhiculer un message (exemple de la mère qui rassure ses jeunes en "caquetant" ou du beau mâle qui séduit sa belle !).
La signification d'un signal est un concept subjectif, un des plus difficiles à appliquer objectivement aux animaux qui n'utilisent pas le langage au sens où nous l'entendons. Néanmoins, il est souvent tentant d'essayer de traduire le signal d'un animal en langage humain… L'Homme étant lui-même une espèce qui utilise énormément de signes vocaux, il a la fâcheuse tendance à "exagérer" la signification des vocalises de son animal, aux dépends bien souvent des autres aspects de la communication…
Concernant les signaux sonores, on sait qu'ils peuvent varier en intensité, en hauteur (fréquence de vibration) et en durée. Contrairement aux signaux chimiques ils peuvent être interrompus instantanément.
En règle générale, et ceci s'applique à toutes les espèces animales y compris l'Homme, on peut classer les sons émis en deux catégories : les sons aigus et les sont graves. Les premiers sont déjà présents à la naissance et déclenchent l'approche de la mère. Ils expriment généralement la peur ou la douleur et lorsqu'ils sont moins aigus l'envie de jouer par exemple. Les seconds apparaissent pendant le développement et visent au contraire à augmenter la distance sociale puisqu'ils indiquent habituellement la menace, la "colère" (ex du "grognement").
Les vocalisations forment essentiellement un langage émotionnel. Quel que soit le sons émis, plus la motivation ou l'excitation est forte, plus le son est intense (période des amours, douleur…).
Un son peut cependant être combiné à un autre. Ainsi, il peut arriver qu'un furet pousse un cri d'alerte (indiquant qu'il a peur) en même temps qu'une vocalise de menace (indiquant qu'il est prêt à se défendre et ne pas se laisser agresser). C'est pourquoi il est parfois difficile de distinguer ces cris et de ce fait, ils peuvent être émis soit par l'agresseur, soit par l'agressé. Le réflexe humain est donc de rassurer celui qui crie mais en observant le contexte, il est possible de s'apercevoir que celui qui crie le plus fort s'avère être souvent le tyran !

Chez le tout jeune furet

A la naissance, les furetons sont aveugles et sourds et ne peuvent identifier leur mère et se diriger vers elle qu'au moyen de leur odorat (une mère allaitante pour cette raison sent plus fort à cette période). Les vocalises d'apaisement qu'elle émet rassurent les jeunes qui naturellement recherchent alors à s'en rapprocher. Le répertoire vocal du furet est pauvre durant ses premières semaines de vie.
Lors d'une situation particulièrement excitante, le fureton répète les vocalises, en boucle, avec peu de silence entre deux vocalises. L'appel de la mère et la faim se traduit donc par de petits gémissements continus. Lors d'un stress, il émet par contre des vocalises très courtes et aiguës (exemple du cri de détresse du fureton tombé hors du nid) et le rythme de ces émission vocales est plus soutenu. Le témoignage que nous livre Élodie (cf.encart ci-dessous) témoigne très bien tout cela.
Avec l'âge, il acquiert toute sa richesse vocale, surtout au contact de l'Homme, lors de leurs interactions.

Chez l'adulte

Le fameux "caquètement" (le terme exact est un grand sujet de débat!) du furet! Cette vocalise est vraisemblablement le moyen de communication le plus spécifique du furet dirigé vers l'Homme et ses congénères. Il traduit une émotion intense (découverte d'un endroit inconnu ou d'un espace dont il a été provisoirement privé après une période d'enfermement, rencontre avec un furet étranger, invitation au jeu, simulacre de jeu, confrontation d'un mâle en rut avec une femelle "disposée"…). Ce "langage" du furet adulte peut varier en intensité selon son degré d'excitation.
Cependant, certains furets sont moins "bavards" que d'autres et il s'agit là aussi d'une question de tempérament.

Le "chuintement" ou "feulement"

Ce "chuintement" est courant chez le furet qui exprime ainsi son incapacité à gérer une émotion à un moment donné.
Il est possible d'entendre un furet "cracher", ou plutôt souffler bruillament quand il est mécontent ou intimidé. A rapprocher du feulement du chat, on associe donc cette production vocale à un signe de désapprobation, de protestation, de méfiance (lors d'un premier contact avec un chien par exemple).
Pour l'anecdote, certains furets arrivent même à se faire peur tout seuls alors que la situation n'est pas stressante et qu'ils connaissent bien le bruit qui les surprend mais trop excités, un stimulus supplémentaire et c'est le débordement !

Le cri d'alerte

Il peut traduire la peur, la surprise ou l'agression, ce cri est bref, aigu, perçant, répétitifs, approchant les 150 décibels tout de même ! Peu de propriétaires ont l'occasion de l'entendre parce que rares sont les occasions où le furet de la maison, à priori à l'aise et confiant, est surpris voire apeuré. Finalement faut-il s'en plaindre?…
La rencontre avec le chien du voisin peut évidemment déclencher ce cri pour un furet qui n'aurait pas été habitué à la présence d'un animal aussi imposant, qui plus est s'il arrive en courant sur lui…
De la même façon, un bruit inhabituel peut aussi surprendre un furet à moitié endormi. Mais ce cri a également un rôle dissuasif lors de la confrontation de 2 furets étrangers. Une fois encore, ne vous méprenez pas, celui qui crie le plus fort n'est pas forcément l'agressé et seul un conflit vous renseignera sur le tempérament le plus fort des deux.

Le cri de «désaccord»

Pour tout ceux qui ont plusieurs furets et qui leur donnent des friandises dont ils sont particulièrement friands (un petit morceau de blanc de poulet par exemple) voici un cri et une attitude qui ne leur est peut être pas inconnu: comme le précédent il est aigu et très bref mais beaucoup plus «nerveux», particulièrement fort et se répète tant que le furet n'a pas obtenu ce qu'il souhaite le plus à ce moment là: que les autres lui fiche la paix et le laisse manger tranquillement!
Dans ce cas précis le furet prend sa «friandise» et part la manger dans un coin isolé des autres pour ne pas être importuné et surtout ne pas avoir à supporter des assauts frontaux de ses congénères qui souhaite lui prendre.
Lorsque l'un de ses derniers tente le vol, le furet se détourne et à la moindre résistance pousse ce cri en secouant en même temps brièvement mais énergiquement la tête pour faire lâcher prise au voleur et s'en aller un peu plus loin, si cela continu il répète la manœuvre. Le cri ayant tendance à devenir systématique avant même que le voleur vienne se saisir une nouvelle fois du butin.

La plainte

Chez le furet, la douleur se traduit par un "caquètement" rapide et continu, accompagné de gémissements plaintifs plus que par un cri, plus rarement associé à une souffrance physique chez le furet.
Malheureusement, à peu près tous les propriétaires ont eu à entendre cette plainte en marchant accidentellement sur la patte de l'animal un peu "encombrant" parfois malgré sa petite taille…
Et à vous à qui ça n'est jamais arrivé, souhaitons que ça dure !
Le "grognement" lors de confrontation un peu franches lors du jeu. Ce grognement est à rapprocher de celui qu'émettent les jeunes furets d'une même fratrie simulant un affrontement. Cette production vocale de "basse", signifie à un partenaire de jeu qu'il mord un peu fort. Cette vocalise a donc pour but de radoucir le comportement un peu brutal de ce dernier lors d'une jeu de "corps à corps".


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