Comprendre son furet


Nous, Humains, sommes capables d'émotions complexes comme l'amour, la haine, la rancœur, la jalousie, l'envie, la fidélité, la colère, l'impatience…mais l'état émotif du furet est bien plus "réactif" et ses instincts sont essentiellement orientés vers la survie de l'espèce (un furet entier ne courtise pas une femelle en chaleur par amour hein ? on est d'accord ?).

L'anthropomorphisme est la tendance qui consiste à attribuer aux animaux des caractéristiques humaines. Cela joue un grand rôle dans les attitudes sentimentales envers les animaux et de telles attitudes peuvent aisément être la source de mauvaises interprétations. Un comportement proche de celui de l'Homme doit pour cela être analysé avec réserve et il est important de bien se garder d'attribuer des motivations ou des émotions humaines à l'animal sans risquer de se tromper.

Quelques exemples pour illustrer tout ça...

- Tout d'abord, rappelons que le furet vit dans "l'ici et maintenant" et ne planifie rien dans l'avenir. Il réagit dans l'instant à une odeur, une attitude, un bruit, une intonation… Jamais il ne se demande ce que lui réserve la journée du lendemain et vous aurez beau lui expliquer que demain est un grand jour parce qu'il revoit sa mère après toutes ces années de séparation, au mieux il ira se trouver un autre coin pour dormir, espérant un peu plus de tranquillité… - Allez aussi lui expliquer que gratter un coin de moquette ou déterrer votre ficus de son pot, c'est mal, il est fort à parier qu'il continuera simplement parce que l'attitude de grattage répond à un instinct atavique chez le furet, cousin du putois, animal de terrier. Capable de vous creuser une galerie dans le sable en un temps record l'animal ! - De la même façon, punir un furet parce qu'il se serait enfuit avec votre dernière paire de chaussette après s'être servi dans l'armoire mal refermée reviendrait à infliger une punition à un chien qui aurait levé la patte contre un arbre ! Quand les phéromones s'en mêlent, restent à planquer ses petites culottes !… - On n'a jamais vu de furet comprendre mieux l'allemand que le français non plus et vous l'appelleriez "Heinrich" au lieu du "Henri" habituel (toutes mes excuses aux Henri) avec la même intonation de voix et la même attitude , il rappliquerait aussi vite… enfin, s'il était " disponible " pour vous à ce moment évidemment. - Nombreux se reconnaîtrons là mais pour savoir si votre furet peut s'entendre avec un congénère, encore faut-il lui laisser le temps de faire les présentations… Combien de propriétaires j'ai vu attraper et soulever en l'air leur furet au moindre "pout-pout", craignant le conflit… "Il aime pas la compagnie des autres furets", "Ah oui ? il vous l'a dit ?". Remarquez, rien de tel pour se détendre que d'observer un propriétaire plongeant ventre à terre sous le canapé pour récupérer son furet dans ces moments là… - Jean Pierre Digard, directeur de recherche au CNRS pense que " la méconnaissance des animaux se traduit sous 2 formes : le réflexe de "peluchisation et l'anthropomorphisme ".
Voilà qui me rappelle un propriétaire qui ne sortait jamais sans un rouleau de sopalin, un shampoing et le pack-beauté complet de son "Coco", dès fois qu'il pose une patte dans un pipi au fond de la caisse de transport. Rien de bien grave après tout sauf qu'à force de shampoing, le peau de ce furet s'asséchait, entraînant démangeaisons et irritations, visites chez le vétérinaire, traitements adaptés pour un eczéma…Ca fait cher pour un pipi hein ? - Et puis parlons de la fameuse sortie en laisse! "Mon furet ne marche pas au pied, quoi faire ?", "achetez un chien !" le harnais et la laisse que l'on met lors d'une promenade ne doit pas être l'occasion de faire respecter des ordres incompréhensibles et contre nature pour un furet mais le moyen de ne pas le perdre tout simplement et de lui offrir un petit moment pour se dégourdir les pattes dans un endroit riche en découvertes et odeurs de toutes sortes. Le furet est avant tout un prédateur de petits animaux mais son instinct lui dicte de se protéger des éventuels attaques du ciel et c'est pourquoi il longe les murs pendant la ballade. Jamais bien tranquille (sauf s'il est habitué depuis tout jeune aux sorties et encore), son rythme est saccadé, marqué de temps d'arrêt et espérer de lui une marche cadencée en ligne droite revient à espérer d'un chien qu'il grimpe aux arbres…
Bien sûr qu'il fait un soleil radieux, bien sûr que n'importe qui apprécierait cette petite virée champêtre mais si vous ne tenez pas compte du fait que "vu d'en bas", on voit le monde bien différemment (odeurs bien sympathiques…) et que pendant que vous faites un pas, votre "Coco" en fait 25…autant dire que vous finirez par ne plus l'apprécier. Alors soyez indulgents et calez vous sur son rythme!

Ces quelques exemples (il y en a bien d'autres !) pour rappeler qu'un furet n'a pas le même raisonnement ni la même approche du monde que l'Homme et lui attribuer son propre système de valeur peut lui faire défaut parfois ou entraîner un stress qu'il a bien du mal à gérer s'il ne comprend pas le pourquoi ne nos réactions…

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