La socialisation


Le jeune furet connaît, au cours de sa maturation, une succession de phases dans lesquelles il est particulièrement réceptif à certaines expériences.
C'est au cours de la période de socialisation, dite «période sensible» qu'à lieu l'imprégnation, ou encore l'acquisition de préférences sociales influencée par l'expérience. Le jeune furet acquiert donc tout ce qui lui permettra de vivre en société. Cela englobe un ensemble d'expressions corporelles, de vocalises, de postures et d'attitudes propre à l'espèce.


On note plusieurs étapes successives importantes dans l'enfance d'un furet :

- La période néo-natale (Le jeune au nid sous la haute protection de sa mère).
- La période de transition (développement progressif de chaque sens permettant les premières explorations hors du nid).
- La période de socialisation (socialisation primaire).
- La période juvénile (socialisation secondaire).


Avant même que ne débute le processus de socialisation , le tout jeune furet doit apprendre à contrôler sa motricité et attendre que se développent ses sens (vue et audition) sans quoi il ne peut s'aventurer hors du nid.

La période de socialisation s'étend entre 3-4 semaines et 12 semaines et joue un rôle fondamental dans le développement du jeune furet.
On peut distinguer plusieurs étapes importantes lors de la petite enfance à commencer par l'empreinte, sans laquelle l'animal ne peut s'identifier à l'espèce à laquelle il appartient.
Le jeu est une phase essentielle également et il est à la base de tout apprentissage…


L'empreinte

L'empreinte est une forme d'apprentissage lors duquel le fureton reconnaît sa mère et s'identifie à elle. Cet « attachement » déterminera son futur comportement de furet adulte (dans le choix des partenaires sexuels notamment). C'est grâce à cette empreinte que le jeune plus tard reconnaîtra les caractères généraux de l'espèce à laquelle il s'est identifié (signaux, comportement, postures, caractéristiques sociales…). Il intègre donc les comportements filiaux et sexuels de son espèce grâce à cette première phase fondamentale.
Pour que l'objet de l'«empreinte» soit la mère pour le jeune, il faut bien entendu qu'ils n'aient pas été séparés lors de cette période dite « critique » sans quoi le petit s'attachera à la main de l'homme qui le soigne, ce qui n'est pas sans conséquences pour la suite (comportements parfois inadaptés en présence d'autres congénères…).
A noter que si une furette n'a pas eu la possibilité de laver ses petits à la naissance, le lien existant normalement entre les nouveaux nés et leur mère ne se forme pas normalement
Cependant, on observe que, dans le choix de l'objet maternel, même si l'homme s'en mêle, il y a une priorité à l'espèce si la mère est présente. Donc, le jeune dans ce cas aura un attachement filial à sa mère.


De la naissance à 4 semaines

Les premières semaines se résument à peu de chose pour les petits : dormir, se mettre au chaud et manger. Le petit, instinctivement dès la naissance, se dirige vers les mamelles de sa mère. Celle-ci passe une grande partie de son temps à dormir et à toiletter ses petits. Après chaque tétée, elle stimule la défécation et la miction en léchant les parties génitales des jeunes qui se soulagent instantanément. Afin de garder le nid propre, elle ingère donc leurs excréments les premières semaines.

A partir de 3 semaines
, ils commencent à établir des contacts sociaux avec le reste de la nichée et il est important de manipuler quotidiennement les petits à cet âge.
L e jeune est encore sous l'influence pédagogique de sa mère et de sa « famille humaine » et développe un comportement social qui se manifeste par mimétisme.
C'est au moment des jeux que le jeune furet apprend à explorer et à réagir à son environnement. Les petits simulent alors des « attaques », entament des courses poursuites effrénées, se testent et apprennent à modérer leurs morsures entre eux, sous la surveillance de leur mère.

De 4 à 7 semaines

A l'âge de 1 mois, les petits commencent à sortir du nid pour consommer leurs premiers repas et se dégourdir les pattes…
Les sens de la vue et de l'audition sont désormais opérationnels et le petit découvre le monde qui l'entoure sous un angle nouveau. Durant cette période importante, il commence à reconnaître vraiment ses frères de portée.
Le jeune furet apprend alors un ensemble de comportements, d'attitudes et d'expressions corporelles (et vocales) qui seront reconnus des membres de son espèce.

Le détachement et le sevrage affectif

A partir de 6 semaines, le fureton se régale d'un mélange solide et n'a plus besoin du lait maternel même si certains jeunes tentent de soutirer encore quelques gouttes jusqu'à 3-4 mois … Mais à cet âge se passe quelque chose de très important qu'on appelle le processus de détachement:
La mère "rejette" progressivement ses bébés (avant tout parce qu'elle souffre de la poussée des dents de ses rejetons au moment des tétées). Cette attitude permet aux bébés de prendre leur autonomie et de "devenir furet", par mimétisme. Cette période de transition est fondamentale pour l'équilibre de tout jeune furet.
Le hic, c'est que le futur adoptant fait tout l'inverse de la mère (quand il adopte vers 6-7 semaines), c'est à dire qu'il surprotège. De là proviennent la plupart des troubles comportementaux qui suivent chez certains. On obtient ainsi des types de comportements inadaptés, notamment des problèmes de cohabitation, d'hyperactivité, d'excitabilité, etc. Quelques cas de phobies sont directement liés à ce problème de sevrage bâclé également, le petit ignorant comment répondre à une surdose de stimuli extérieurs.
La mère durant cette période clé apprend au jeune énormément de choses et on dépasse là très rapidement le simple cadre du sevrage nourricier que certains considèrent pourtant comme la seule limite valable dans le temps pour céder leurs furetons...
Le devoir d'un propriétaire "naisseur" est d'informer et de calmer les ardeurs du futurs adoptants. Qu'ils soient pressés est entendable mais pas à n'importe quel prix tout de même. Il est toujours temps de leur rappeler qu'ils ont déjà attendu et qu'une ou deux semaines supplémentaires à attendre ne  devraient pas être insurmontables, sans compter qu'un furet peut prétendre à une espérance de vie d'une dizaine d'années voire plus. Alors autant ne pas sacrifier ces quelques semaines passées auprès de sa mère au risque de fragiliser durablement l'équilibre de ce furet par la suite...

Les conséquences d'une mauvaise socialisation

Nous l'avons vu, la socialisation joue un rôle fondamentale car elle permet au jeune de contrôler son degré d'émotivité et d'adapter son comportement en fonction de la situation.
Plus le niveau d'émotivité est élevé , plus l'animal s'angoisse face au changement et il arrive qu'il réponde à ce trop plein de stress sur le mode de l'agressivité.
Généralement, un jeune furet a tendance à mordre les premiers mois de sa vie mais il se calme avec le temps. Il n'est pas agressif, seulement brutal, maladroit, inexpérimenté et impulsif mais rien de grave dans ce cas. Il suffit d'attendre que jeunesse se passe. Il est donc important de bien faire la distinction entre l'agressivité « constructive » et l'agressivité effrénée de certains sujets anxieux.
Le stress est une réponse de l'organisme à toutes les demandes qui lui sont faites et un furet mal socialisé peut répondre de façon inadéquate à une stimulation extérieure trop importante pour lui.
Chaque être vivant réagit sans relâche aux sollicitations de son milieu pour s'y adapter. Une émotion ou une sur-sollicitation mobilise les défenses de chaque individu. Ce terme de stress est souvent limité aux stimulations dont l'intensité ou le caractère répétitif entraîne des effets pathologiques pour le sujet qui s'y trouve soumis (hypertension, ulcères, affections diverses…). De fait, beaucoup des maladies physiques ou «psychologiques» ne sont pas dues à la cause qu'on leur reconnaît mais au stress.
L'agressivité « pathologique » se caractérise par des réactions agressives désordonnées qui ne reposent sur aucun vrai motif. Les réactions de l'animal sont alors disproportionnées par rapport à une situation vécue comme contraignante pour lui.
Il existe un apprentissage social de l'agressivité. Il faut savoir que l'agression engendre l'agression et, certaines personnes la stimulent et la provoquent inconsciemment chez leurs animaux.
On sait maintenant que le comportement agressif change suivant l'environnement social de l'animal. Le comportement agressif peut donc s'acquérir sur un terrain propice et disparaître dans un autre environnement.
Les animaux maintenus pendant de longues périodes en isolement manifestent généralement des comportements déviants. Ils peuvent par exemple s'attaquer à des objets qui ne sont pas directement liés au stimulus de provocation. L'isolement augmente donc cette agressivité et le furet ne semble pas parvenir à maîtriser son émotivité dans ce cas.
Naturellement, l'agressivité peut s'extérioriser, mais elle peut également se retourner contre l'animal. On assiste alors à des phénomènes d'introversion (augmentation du temps de sommeil…) et on entre dans le domaine de la psychosomatique. Chez l'homme, ce phénomène n'est pas inconnu mais il en va de même chez l'animal.
Ainsi, l'agressivité peut se déplacer sur des fonctions respiratoires (asthme…), sur la fonction nutritionnelle (anorexie…), elle peut également occasionner des maladies dermatologiques (eczéma…), neurologiques (céphalées…), etc…
Difficile de dire la part de l'hérédité et de l'éducation dans le comportement futur du furet mais il semblerait que plus un jeune est confronté à un environnement varié, plus il est préparé à affronter toutes les situations.

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